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Chronique du temps passé

La carrière

D'après la configuration du terrain, on peut voir que depuis les temps très anciens on extrayait de la pierre en un lieu appelé La Marette situé sur le versant sud du Châtelet et au nord du Village.

On taillait la pierre pour la construction des maisons d'habitation, mais seulement pour les notables, les bourgeois, des laboureurs. Les maisons des pauvres, les manouvriers étaient  faites de bois et de torchis et couvertes en paille.

Nous savons que cette pierre a été utilisée pour la construction de plusieurs églises et clochers des environs.

Avec ce grès des Vosges, facile à tailler, on faisait des auges, les margelles des puits, des dalles d'intérieur, (le carrelage de l'époque) des linteaux et encadrements de portes et fenêtres. Elle servait enfin a de multiples usages aussi utiles qu'ornementaux.

On a reproché à cette pierre d'être gélive, cependant les vieux carriers connaissaient bien certains filons résistant au gel. Quelques éléments cités plus hauts sont encore là pour en témoigner.

 

Les carriers

Au 18éme siècle, c'est la famille Perche qui exploite cette carrière. Chez les Perche, on est tailleurs de pierre de père en fils.

C'est d'abord François Joseph venu de Luchenau (Lustenau) empire et diocèse de Constance. Après son décès en 1791, ce sont ses fils David et Sébastien qui continuent l'exploitation (Sébastien est aussi déclaré joueur de violon)

David Perche était marié avec Elisabeth Couzenan, ils habitaient au n° 14 rue principale. David est décédé en 1807, c'est son fils Nicolas qui a repris l'exploitation. Marié avec Marie Barbe Bobay, ils habitaient au n° 12 de la rue principale. On peut voir les initiales NP au fronton de la porte d'entrée de cette maison.

Nicolas Perche a loué la carrière à la commune de 1807 à 1858 pour 80 francs par an. En 1866 c'est M. Lopinot de Meroux qui fait l'exploitation, mais en 1867 –68 elle est sous louée à M. Berchtold de Dannemarie, pour extraite les moellons ordinaires pour la construction de l'église. Mais ce monsieur a également utilisé et taillé de la pierre gélive pour la construction de certaines parties du clocher, malgré les réprimandes des autorités, alors qu'il devait utiliser la pierre d'Offemont.

Résultat en 1929 la partie sud du clocher est tombée e il y a toujours des réparations à faire aux murs de ce bâtiment.

De 1880 et jusqu'à la cessation d'activité en 1914, la carrière était louée 50 francs par an à Sutter Antoine dit Tony, originaire d'Oberbruck.

L'exploitation

On peut voir d'après le croquis du garde général des forêts que l'exploitation se faisait par étages successifs. Dans les temps très anciens avec des moyens rudimentaires, les ouvriers faisaient une série de trous à la pointrole suivant les dimensions de la roche à extraire.

En hiver ces trous étaient remplis d'eau et le gel séparait le bloc. En été on enfonçait des coins en bois bien sec dans les trous ensuite on mouillait le bois, celui-ci en se gonflant séparait également les blocs à la dimension voulue.

Ce n'est qu'au 18ème siècle que l'on a utilisé les explosifs, mais avec parcimonie, les carriers disaient : la poudre ça coûte cher.

Au 19ème siècle ce chantier était en pleine activité, il y avait quatre ou cinq ouvriers. En 1852, le garde général des forêts autorise un agrandissement de 5 ares, en 1858 il fait en arpentage de 7 ares, en 1880 un nouvel arpentage de 9 ares 24. Mais le garde n'autorise l'exploitation et le débardage qu'après le lever et avant le coucher du soleil.

Le débardage, pierres taillées, moellons ordinaires se faisait par le chemin qui aboutissait au CD 25 sur l'actuel terrain de sport.

Anecdote

En 1824, le maire François Frossard est allé chez Jean Claude Nicolas tonnelier pour perquisitionner. Sur la plainte de Nicolas Perche tailleur de pierre, Jean Claude Nicolas aurait volé des outils dans la carrière.

Au cours de la perquisition ces outils ont été formellement reconnus par Jean Pierre Sauvageot et Thiebaud Cravat tous deux ouvriers carriers employés par Nicolas Perche.

La perquisition terminée, les outils transportés à la maison commune, le maire a rédigé un procès-verbal qui sera envoyé au procureur du roi.

(Extrait du registre des délibérations)

D'après Bernard Groboillot

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